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REIMS Clocher de l' Eglise Saint Jacques


Nous avons mis sur cette page le reportage de Pierre BRUNEAU
1984-1994 les photos sont d'époque justes remasteurisées
Vous pourez voir la vidéo de ce reportage sue les pages suivantes.




Ces 120 clichés couvrent chronologiquement les sept années de cette reconstruction. Sur cette lithographie dessinée depuis la butte Sainte-Geneviève, encore le domaine des vaches et des briquetiers, nous reconnaissons la cathédrale, le clocher de Saint-Jacques, le lanternon de l’hôtel de ville, ainsi que de nombreuses cheminées d'usine témoins d'une activité textile aujourd'hui disparue.


Cette carte postale de 1904 nous montre le clocher Renaissance de l'église Saint-Jacques que l'on vient de reconstruire à l'identique, ainsi que la masse imposante de la cathédrale.


Cette lithographie confirme, elle aussi, la reconstruction du clocher à l'identique. Remarquons que le tympan du Portail Saint-Jacques était alors orné d'une statue de Saint Michel. Celle-ci sera remplacée par la statue de Saint Jacques en 1912.


Cette carte postale ainsi que les deux suivantes illustrent bien ce massacre de Reims qui durera 1051 jours. Sur 14.150 maisons d'habitations, 7.900 ont été entièrement détruites. 40 maisons seulement étaient encore intact, soit trois maisons sur 1.000. 1.300.000 mètres cubes de décombres ont dû être évacués.


Les édifices publics n'ont pas été davantage épargnés. 39 ont été entièrement détruits, 108 ont été sévèrement endommagés, comme l'église Saint-Jacques, dont les voûtes du cœur et des chapelles jonchent le sol.


Remarquons aussi les fenêtres aux vitres pulvérisées de la chapelle Renaissance. Face à un tel désastre, il fallut bien établir un ordre d'urgence pour la reconstruction de la ville et rebâtir en priorité des logements indispensables à toute la population entassée dans des baraquements provisoires.


En 1925, date de cette aquarelle, seule la nef a pu être rendue au culte. Une couverture provisoire, en tôle ondulée, qui sera quand même là pendant 62 années, est censée protéger ce qui peut encore être sauvé du beffroi ; quant à l’excavation au pied de l'abside, elle deviendra le square Saint-Jacques.


Le 11 novembre 1984, la Commission supérieure des monuments historiques autorisera la reconstruction du clocher à l'identique. Pour y parvenir, les architectes ne disposant que du seul document à l'échelle, conservé à la bibliothèque municipale, que voici et de quelques cartes postales et lithographies.


Cette premières études aboutit à la convention du 30 septembre 1986 arrêtant un financement étalé sur cinq ans, dont 75% à la charge de l'État et 25 % à celle de la ville.


En juillet 1987, commence enfin le montage des échafaudages et celui du palan principal par lequel passeront tous les matériaux du chantier.


En avril 1989, l'échafaudage surélevé jusqu'à 30 mètres du sol a permis d'approvisionner, au palan et à la brouette, les douze tonnes de dalles de béton utilisées pour couler cette armature, dénommée chaise, que l’on voit à travers les échafaudages.
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En voici la base considérablement renforcée car elle servira à la fois de raidisseurs pour le beffroi et de support pour la sablière du clocher.
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Cette chronique ne nous montre pas l'important travail préparatoire exécuté dans les ateliers des charpentiers et des tailleurs de pierre. Voici la première livraison des pierres de taille.
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Chaque pierre est numérotée car elle va s'encastrer exactement à la place d’une pierre défectueuse également identifiée.
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L’examen de ces pierres défectueuses, prouve que leurs remplacements étaient indispensables pour assurer la pérennité de l’ouvrage.
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Sur la droite de l'échafaudage, nous voyons une série d’échelles quasi verticales. C'est par celles-ci que les ouvriers accéderont à leur lieu de travail en escaladant la première échelle jusqu'à une étroite plateforme sur laquelle ils feront un demi-tour pour escalader la seconde échelle et ainsi de suite jusqu'à la neuvième échelle.
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Ce compagnon est en train de retirer une pierre d’angle défectueuse.
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Cette reprise en sous-œuvre d’une voûte par un vérin montre bien l'attention apportée à ne pas abandonner les pierres en état.
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Pour remplacer complétement cette voûte, il fallut d’abord ajuster un cintre en bois, puis identifier et calibrer chacune des pierres à remplacer. La restauration est presque terminée. Il ne reste plus à poser que la clef de voûte.
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Malgré les échafaudages, nous pouvons apprécier l’ensemble harmonieux de ces enceintes restaurées.
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Ici, nous retrouvons, restaurée complètement, la voûte précédemment présentée , remarquons la précision de l’assemblage de chaque élément.
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Nous voyons ici la tête du trumeau s'ajustant au millimètre sous la voûte.
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La restauration de l'embase du Beffroi fut particulièrement difficile car les pierres devaient être acheminées par le plancher installé au ras du toit de la nef, puis redescendues trois niveaux plus bas sur une étroite plateforme.
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En raison de l’exiguïté du plancher, un seul compagnon pouvait y travailler. Encore fallait-il qu'il évacue d'abord la pierre défectueuse afin de pouvoir recevoir la pierre de remplacement. Nous reverrons tout à l’heure, cette embase sans échafaudage.
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La partie la plus étroite de l’échafaudage est posée au début de 1990.
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Nous voyons un monteur installant un plancher Ainsi l’échafaudage est terminé à 50 mètres du sol.
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Il ne reste plus qu’à y installer le dernier panneau électrique.
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Nous voyons ici le harnais de sécurité dont chaque monteur doit en principe être équipé.
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Les échafaudages ont bien résisté à la tempête du 3 février 1990, cependant, la toiture de la nef a bien souffert. Les couvreurs réparent les dommages. Leur harnais de sécurité est relié à un câble tendu entre le beffroi et la façade de l'église.
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En mars 1990, la charpente en chêne, façonnée en atelier et enduite d’une protection spéciale, commence à arriver. Un responsable de l'entreprise contrôle l'accrochage du palan de cette première poutre, longue de cinq mètres et pesant près de 300 kilos.
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Regardons la poutre engagée dans la cage du palan.
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Et la poutre montant bien verticalement dans sa cage.
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La voilà au sommet du second palan, à 30 mètres du sol. On va la ressortir en la couchant afin de la riper jusqu’au palan suivant.
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C'est le moment délicat de la manœuvre, car pour la coucher, il a fallu en glisser un bon tiers hors des échafaudages.
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Entre les échafaudages, nous voyons enfin cette poutre fixée à un des piliers de la chaise en béton. Cette difficile manœuvre a duré exactement 1 h 55 minutes.
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Deux mois plus tard, la dernière grosse poutre tenant ici au sommet du troisième palan, est celle qui supportera la croix.
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Maintenant les pièces complémentaires de la charpente arrivent. Par exemple. Ces poutrelles qui arrivent, ont déjà été ajustées.
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Nous voyons les entretoises dont on a même percé le trou pour la cheville d'assemblage.
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Les chaudrons, cintrés vont être utilisés pour le toit du dôme.
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Voyons de plus près l’assemblage de cette charpente : Cet enchevêtrement de poutrelles à la base du lanternon a été étudié pour résister aux plus forts coups de vents.
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Ce duo vertical, à travers la charpente, nous permette de mieux apprécier l'assemblage.
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Ici, la charpente du bulbe est presque terminée, à l'exception de deux chevrons cintrés.
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Ici, la base du lanternon supérieur.
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A l'intérieur de ce bulbe remarquons les entretoises bloquant la maitresse poutre qui va recevoir la croix.
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A l'extérieur de cette maitresse poutre, nous voyons nettement deux étriers dans lesquels la croix va s'encastrer.
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En septembre 1991, les pièces de finition arrivent à leur tour, en commençant par les petites volutes qui décoreront la base du dôme d’être posées.
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Les grandes volutes décoreront la base du lanternon. Le compagnon qui se tient près d’elles, mesurant 1m75, vous donnera une idée de leurs tailles. Derrière le compagnon, nous apercevons la croix qui vient également d'arriver.
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Cette maquette haute d'un mètre sixante est l’œuvre de deux compagnons : Angevin La Fidélité et Vendéen Le Boncœur qui ont consacré 1700 heures à sa fabrication. En examinant en détail, nous réalisons mieux le minutieux travail exécuté à tous les échelons sous le contrôle de Monsieur Jouve, architecte en chef. Nous visualisons même les montants de la chaise en béton sur lesquels la charpente prend appui.
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Cette superbe charpente a été signée selon la tradition du compagnonnage. Leur carte de visite, installée quelque part dans la charpente, porte les inscriptions suivantes : 1990, Quentin Sureau, Angevin La Fidélité, charpentiers, et en signature, l'emblème des compagnons charpentiers : l'équerre, le compas et la bise aiguë.
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On va retrouver 125 tonnes de matériaux qui constitueront le clocher. Il fallut d’abord mettre en place cet impressionnant échafaudage haut de 50 mètres et pesant lui-même plus de 100 tonnes. Nous admirerons encore davantage le savoir-faire et la maîtrise des compagnons qui l'ont installé lorsque nous saurons les difficultés techniques supplémentaires que représente le positionnement et le montage préalable de cette forêt de tubes dans le vide, autour d’un clocher théorique.
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Le 21 septembre 1991, pour monter la croix pesant 340 kilos, haute de cinq mètres 85 et large de trois mètres dix, Il faudra utiliser du matériel complémentaire, notamment ces sangles rouges ou ce palan à main, et même quelquefois déposer autour de l’échafaudage.
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Pendant sa montée, la Croix sera accompagnée par une équipe prête à intervenir à tout moment.
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Au moment le plus critique, a une hauteur de 30 mètres du sol, Il fallut passer la moitié de la croix dans le vide pour arriver à la coucher afin de la riper jusqu'au palan suivant.
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De plus près, nous remarquerons que nous avons utilisé une de ces solides sangle rouge pour éviter tout dérapage de la Croix.
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Nous voilà à 40 mètres du sol, pour dégager la Croix du dernier palan électrique, on dispose de bien plus de place qu’au palan précédent.
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La Croix est maintenant, accrochée à un palan à main qui la soutiendra jusqu'à ce qu'elle soit définitivement fixée.
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Voici, en contre-jour, les compagnons terminant la pose de la Croix. Deux d'entre eux assurent une orientation correcte des bras, tandis que deux autres guident l'introduction du pied dans son support. Qu’il ait fallu 3 heures pour hisser la Croix à sa place définitive démontre bien les difficultés de cette opération.
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En mars 1992, les charpentiers préparent la couverture du Beffroi dont voici 2 arêtes posées.
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Le futur clocher devant être couvert d'ardoises, on dépose également des voliges.
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On a dû bâcher les ouvertures pour continuer à travailler malgré les giboulées.
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Les bâches retirées, nous avons constaté que le lanternon avait été doré à la feuille et nous avons découvert le coq passant son test de bonne girouette.
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Afin de protéger durablement le clocher, les ardoises rangées contenues dans les caisses ont une épaisseur de 8 à 10 millimètres.
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En septembre 1992, les couvreurs commencent à poser les ardoises sur le fût ainsi que les joints d'étanchéité autour des fenêtres.
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Ici, les 4 sommets pleins centres des fenêtres qui arrivent.
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La rosace complétera la décoration d'une fenêtre.
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Cette pièce latérale est composée d'un trèfle et d'un arrondi.
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Voici un arrondi seul destiné à la partie centrale.
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Un compagnon consulte un plan afin de vérifier s’il a bien reçu tous les éléments de la fenêtre.
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Notons que sur le plan, nous avons reconnu la place occupée par chacun de ces éléments en examinant ce prémontage.
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Le 25 septembre 1992, nous avons profité de la journée portes ouvertes pour regarder de plus près les parties terminées, ici, le lanternon supérieur est en entier. Malheureusement, faute de retour, les clichés suivants ne nous présenterons que des vues partielles des autres niveaux du clocher.
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Comme la croix et le bulbe du lanternon supérieur.
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Le bulbe du lanternon principal terminé, il ne manque plus que les flammes sur les urnes.
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Par anticipation chronologique, cette photo du clocher ayant été prise 6 mois plus tard, voici la partie supérieure du clocher vu dans son ensemble et sans échafaudages. Remarquons que les urnes sont maintenant équipées de leur flamme, sur la base du lanternon principal,
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Nous découvrons également un de ses balcons entièrement habillé à la feuille de plomb.
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Sur la fenêtres de ce bulbe, nous remarquons le parfait arrondi des ardoises taillées sur place.
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Derrière ce balcon se trouve une trappe en cuivre terminant la partie du clocher accessible de l'intérieur. Cette solide trappe en cuivre est marquée des quatre points cardinaux.
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Toute habillée de plomb, nous reconnaissons une de ces grandes volutes que nous avions vu auprès d'un compagnon,
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Il existe également aux angles, cet autre motif d'habillage du lanternon.
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Cette fenêtre située dans le dôme avec sa boule, est, elle aussi enrobée de plomb.
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Il est intéressant de voir ces entretoises l'une habillée de plomb et l'autre juste recouverte de son traitement.
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Voici Joël Gourdon, fils de l’entrepreneur, préparant l’habillage de la seconde volute.
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Ces chutes de plomb vont être refondues en de nouvelles volutes sur l’ensemble du clocher et il sera utilisé 24 tonnes de plomb.
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Le 8 novembre 1992 aura lieu la bénédiction et l’installation définitive du coq. Celui-ci mesure 90 centimètres de la tête à la queue, et pèse une quinzaine de kilos et contient des documents comportant la liste des personnes ayant contribué à sa fabrication. A gauche de ce cliché, nous reconnaissons, Jean-Pierre Jouve, architecte en chef qui l’a dessiné. Le coq est présenté par Monsieur Laurent Gourdon, entrepreneur responsable de la couverture et des travaux d'ornementation. Et ce dernier est entouré de son fils Jean-Luc et de Frédéric Bertrand, qui l’ont façonné.
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Et voilà le coq installé sur son axe, prêt à pivoter au moindre vent. En entendant cette phrase, Monsieur Edgar Faure nous aurait certainement rappelé que ce n'est pas la girouette qui tourne, mais que c'est le vent.
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En mars 1993, la partie supérieure du clocher est terminée et resplendit de soleil, tandis que le coq nous indique que le vent vient d'Est.
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Malgré les intempéries, le travail continue à l'abri des plastiques. Ici on commence à mettre en forme une feuille de plomb. Grâce à ces plastiques l’intérieur du clocher est devenu un atelier. Certes sommaire mais suffisamment abrité pour que l'on puisse y travailler malgré le temps. Sur un établi, sommaire lui aussi.
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Le plein cintre est terminé et posé, à l'exception de quelques accessoires qui doivent être soudés sur place.
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Un exemple de mise en forme d' une feuille de plomb sur un élément en bois traité.
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Le plomb est ensuite martelé pour prendre la forme précise du bois.
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Ainsi cette rosace est en cours de finition, la flamme du chalumeau est très mince afin de ne pas endommager l'enduit de protection du bois.
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Nous découvrons cette rosace terminée et prête à être posée.
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La partie haute d'une fenêtre entièrement équipée, y compris des deux trèfles qui encastrent la rosace.
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Au cours de la journée du patrimoine du 19 septembre 1993, Monsieur Jouve répondant à un visiteur affirmait que compte tenu de la haute qualification de la main d'œuvre et de la qualité des matériaux utilisés un assureur pourrait sans grand risque accorder sur ce clocher une garantie centenaire, au lieu de la traditionnelle garantie décennale.
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Pour étayer cette affirmation, Monsieur Jouve montrait à ce visiteur, cette base renforcée de la chaise en béton qui supporte toute la partie haute du clocher.
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Au cours de cette visite, le soleil illuminait si bien la cathédrale que la galerie des rois était particulièrement mise en valeur.
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Les plastiques qui viennent d'être posés au niveau du beffroi, sont destinées à protéger les charpentiers qui doivent contre vents et gelées, assembler la charpente des cloches avant le 12 décembre 1993.
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Tandis que les charpentiers s'affairent sur le beffroi, à la sacristie, le Père Anesse, Monsieur Jouve et leurs collaborateurs organisent la cérémonie de la bénédiction des cloches.
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La fonderie de cloches Bollé a une réputation mondiale : Elle a en effet fondu la plus lourde cloche du monde, dont les 201 tonnes sont toujours visibles à Moscou. En 1849, elle a fondu le petit bourdon de la cathédrale de Reims dénommée Marie. Enfin c’est elle qui vient de fournir les trois cloches de Saint-Jacques.
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Le 11 décembre 1993, les trois cloches arrivent très discrètement devant le portail de l'église.
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Nous decouvrons ces trois cloches, parées pour leur bénédiction. Nous voyons de gauche à droite : - Huguette Falala, 780 kilos, diamètre 104 centimètres qui porte en relief l'inscription suivante : « J'appellerais le peuple à chanter la gloire de Dieu ». Sa marraine est Madame Huguette Falala épouse de Monsieur Jean Falala, Député Maire de Reims. - Gilberte Jouve, 530 kilos, diamètre 81 cm qui porte l’inscription suivante : « je signerai pour la paix et la fraternité entre les peuples ». Sa marraine est Madame Gilberte Jouve, épouse de M. Jean-Pierre Jouve, architecte en chef des monuments historiques. - Cécile Germain, 375 kilos. Diamètre 81 cm qui porte l’inscription suivante : « Je saluerais pour les joies et pour les peines de tous ceux qui vivent, travaillent et passent aux alentours ». Sa marraine est Mademoiselle Cécile Germain représentant la communauté paroissiale et notamment ses bénévoles aux engagements très divers.
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Depuis le concile de Vatican II, on ne baptiste plus les cloches. Les trois cloches de l'église Saint-Jacques ont donc été bénites par Monseigneur Balland, archevêque de Reims, le 12 décembre 1993, en présence de nombreuses personnalités
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Dès le lendemain de leur bénédiction, ces 3 cloches ont été transportées jusqu’au Beffroi, puis mises en place,
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ainsi la reconstruction du clocher se trouvait terminée.
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